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L’école québécoise: attention danger!
Auteur: louisa   -    thème: Divers
Ma vision des faits:

Si l’école québécoise patauge dans la médiocrité, notamment en matière d’enseignement des langues, ce n’est pas parce que les enseignants ont «beaucoup de journées pédagogiques». Ils en ont une quinzaine pour toute l’année. Pendant ces journées, quand ils ne sont pas soumis à des ersatz de formation, ils se chargent de liquider toutes les tâches administratives que, ailleurs dans d’autres pays, si l’on venait à les confier à des enseignants, ceux-ci auraient crié à l’hérésie et seraient montés aux barricades.

Les raisons de la médiocrité sont ailleurs.
Elles sont surtout d’ordre idéologiques!!!!

C’est qu’en matière de philosophie de l'éducation, le Québec, comme toutes les sociétés tiraillées par des questions identitaires, a le cul entre 2 chaises :

- L'approche américaine, très comportementaliste, où la gestion de classe et le dressage comportementaliste (le très connu Ritalin, les contrats de comportement et autres plans d’intervention) et la dimension ludique, mais surtout «utilitariste» des apprentissages prédominent. Au bout du compte, selon cette logique, on forme les élèves en fonction du marché de l’emploi. Et ne croyez pas que le système scolaire québécois est «égalitariste» (socialeux, si vous préférez). Faux! Le système scolaire publique est une vraie machine à sélection sournoise et cruelle. Les fameuses voies (programme enrichi, éducation internationale) pompent les meilleures énergies. Le reste se retrouve sur la voie de garage appelée pompeusement «le régulier» ou alors, les classes TC (trouble de comportement et d’apprentissage).

Derrière cette approche, sont tapis les fameux «défenseux» de la QUÉBÉCITUDE comme identité francophone ET américaine, coupée des racines «paysannes» françaises, synonymes d’arriération économique, politique…

On y trouvera tous les tenants de la spécificité québécoise, dont les exécutants zélés se recrutent à tour de bras dans les universités, notamment parmi les profs de lettres, mais surtout les linguistes (une élite en mal d’ascension sociale comme l’a très bien montré L. Money) : la fameuse norme (linguistique) québécoise, hein…!? Financée à coup de milliards de l’argent public. À ce titre, je ne peux m’empêcher de pense à l’exemple de Mme Louise Beaudoin, très favorable à l’adoption par le Québec d’un français standard tel que nous la connaissons… une femme dont on se sert sur l’arène francophone internationale pour se donner une certaine image vis-à-vis de la France et de la francophonie, mais que les fonctionnaires et les politiques ignorent royalement icitte…. Ha la démagogie…(tiens! ça me rappelle les mensonges d’une RÉPUBLIQUE BANANNIÈRE que je connais un peu…)

- L'approche européenne (entendre par là: la Suisse surtout et la Belgique un peu. Ne leur parlez surtout pas de la France; ne sont pas des colonisés euz’autes, je vous le dis) qui favorise une dimension culturelle de l’enseignement.


Les tenants de cette approche, qui se recrutent parmi les sociologues comme Denis Simard, sont, timidement et souvent sous cape, pour un rapprochement avec le reste de la francophonie pour des raisons historiques, identitaires - ils sont conscients que pour «créer une nation», il faut une histoire, une langue aux traditions écrites biens assises (c’est pas moi qui dirait le contraire!), un patrimoine commun - et géopolitique à la limite.

Ainsi, la réforme scolaire actuelle – calquée sur la Suisse où le lobby universitaire est puissant et adaptée à la sauce nord-américaine - est une parfaite illustration de cette situation schizophrénique : dans le même programme, dans un même document, les fonctionnaires du MELS (ministère de l’éducation) réussissent l’exploit de concilier l’inconciliable : exiger de l’école une mission culturelle (viser la fameuse culture générale) et une mission de formation professionnelle (on ne parle plus de savoirs, mais que de compétences).

Voyons comment cela se passe dans le cursus de formation des MAITRES :

Les étudiants en enseignement (secondaire) subissent 4 années de formation universitaire :

A. Deux années sont consacrées à la «psychopédagogie» (entendre par là la gestion du comportement). À ce niveau, c’est l’école américaine qui règne en maître absolu.

B. Deux années pour apprendre sa matière! (Et encore ça, c’est une nouveauté instaurée depuis 3-4 ans; avant, c’était 2 matières en 2 ans!!!).

Grâce (ou à cause de, c’est selon) à la première catégorie des «penseux» de l’identité québécoise, entretenus par des subventions faramineuses, vous avez par exemple au programme de formation des enseignants (je parle de ce que je connais là!):

1. En littérature : 3 cours de littérature française (qui couvrent les périodes de l’Antiquité jusqu’à nos jours!!!!) et … 2 cours de littérature québécoise… (dont un aborde les… relations des jésuites!!!!! oui, oui). Un cours sur la Nouvelle entièrement dédié aux Nouvelles québécoises qui sont souvent des imitations de ce qui a déjà été fait (mais interdit d'étudier Maupassant, le baguerrah du genre. Ils sont pas des colonisés euz’autes, je vous le dis).

Aucun cours de littérature américaine (le vieil homme et la mer, pffffffff, kécéça?), encore moins de littérature canadienne!!!

2. En langue : la belle arnaque! Sur 9 cours, 5 sont dédiés à la linguistique… descriptive, entendre par là variationniste! On vous expliquera, en long et en large que le québécois est une langue digne de ce nom, que le français de France est hégémoniste, baveux et nombriliste (si vous demandez des comptes sur les résultats de la lexicographie québécoise, on ne vous dira toujours rien de concret).

La grammaire? L’analyse logique de la phrase? kécéça?. L’élève, pas plus que l’enseignant, n’a pas besoin de connaître les finesses de la grammaire, c’est trop ardu. Puis, grâce à la grammaire nouvelle (qui n’est pas une création québécoise, mais laminée à fond icitte pour cause de pragmatisme), pas besoin de connaître le métalangage de la grammaire pour savoir faire des «phrases de base»!

Bien entendu, il y a les fameux tests de français. Le plus populaire d’entre eux est le Céfranc imposé par la plupart des commissions scolaires à ses employés, tous ses employés : enseignants (de maths, d’éducation religieuse, de sciences, de français…) et secrétaires!!!!

Quelques faits concrets (ravages devrais-je dire) résultant d’une telle schizophrénie:

- Les enseignants n’en savent pas plus que les élèves de leur niveau en grammaire. Ne leur parlez surtout pas de verbe transitif, de conjonctions, encore moins de gérondif...

Au passage, savez-vous que nombre de professeurs de morale et de catéchèse, devançant la réforme qui supprime ces 2 matières, se sont simplement convertis en profs de… français?????

- Le choix du corpus littéraire: pas 2 écoles au Québec qui font lire 2 romans identiques à leurs élèves. Une étude a été menée dans ce sens : Que font lire les profs aux élèves? Les résultats sont simplement pathétiques. Les maisons d’édition font des ravages dans le milieu scolaire…

- Les classiques? Oubliez ça! Et je ne parle pas des classiques de la littérature française (pas colonisés euz’autes, je vous le redis), je parle des quelques écrits québécois dignes d’être cités …trop compliqué… Bonjour le sentiment d’appartenance nationale et la mémoire collective!
Et après, c’est de la faute au …vote ethnique!!

Le MELS ne souffle mot sur ça sur cette dimension importante de la culture. En revanche, IL PRESCRIT DE FAIRE LIRE AUX ÉLÈVES AUTANT D’ŒUVRES ÉCRITES PAR DES HOMMES QUE PAR DES FEMMES. Peu importe la qualité de l’œuvre : ce qui importe c’est la parité AUTEURS/AUTEURES (oui, oui.. c’est connu, les dérives du lobbying féministe, c’est juste une invention de certains vieux icéens aigris…).

- De la norme : les Larousse et autre Robert sont de plus en plus écartés des écoles au profit du fameux dictionnaire québécois «approuvé par le Ministère de l’Éducation du Québec» Multi de la non moins fameuse de Villers (dernièrement, elle a parlé d’un lexique purement québécois de 3000 mots), dico digne des travaux des ethnologues tiers-mondistes du siècle passé (j’en connais un petit rayon sur le sujet, devinez pourquoi).

Ne vous étonnez pas si, à l’université, une enseignante vous fait chercher le mot «balloune» dans le dico!

- Encore de la norme : le programme du ministère prescrit le respect de LA NORME QUÉBÉCOISE. Laquelle? Personne ne sera capable de vous le dire… mais il y aura toujours des profs pour vous dire : «moi, j’accepte des formulations comme je vas, je suis tallé, ça l’a pris, quand qu’on dit, …parce que c’est québécois!!!»

Bref, pour ces «penseux» de l’identité, la spécificité québécoise est un prétexte pour assouvir des visées purement économiques, peu importe les conséquences à long terme (faire des Québécois une espèce endémique!).

Et surtout, n’allez pas croire que les meilleurs profs sont dans le privé!

Les enseignants québécois fuient le privé où les salaires sont moindres et où il n’existe pas de convention collective, donc pas de protection syndicale!!!

Ceux qui y vont, c’est juste parce qu’il y a moins de gestion de classe à faire, en attendant la retraite!!!

Quand aux examens du Ministère et autres examens de l’OCDE, j’y reviendrais dans un autre écrit… Derrière les chiffres, que de mystifications!!!!
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11 commentaires
wouri - Thursday 08 December 2005 - 05:09
Ce texte est... extra.... J'en reste (presque) sans voix.

Mes remarques autres:

1. J'ai tout lu
2. je relirai tout plusieurs fois
3. Je diffuserai ce document (si autorisé)
4. J'ai un peu perdu le fil au début de cette phrase:
Voyons comment cela se passe dans le cursus de formation des MAITRES
parce que tu venais de parler de la Suisse et de la Belgique et je n'ai pas immédiatement compris que tu traitais à nouveau du Québec.

5. Tu fais des comparaisons avec la Suisse et la belgique, mais pourquoi pas avec la France?

wouri

chancremou - Thursday 08 December 2005 - 05:34
J'ai tout lu aussi, et je suis flabbergasté... je sais tout cela, plus ou moins, dans le général, mais le voir décortiqué, expliqué, justifié avec ce souci de détail, cette méticulosité scientifique. C'est époustouflant.

wouri - Thursday 08 December 2005 - 05:49
Mini-commentaires:

Chancremou, je croyais que j'étais le seul à utiliser cette expression et dire que j'étais «flabbergasté» (comme ça, en franco-albionais)... Mon droit d'auteur s'envole!

antibodies - Thursday 08 December 2005 - 12:40
wouri: pourquoi Louisa ne fait pas de comparaison avec la France ?

parce-que si tu abordes le sujet "nous en France" sur ce site, les spécialistes du "que c'est mieux icitte" vont automatiquement faire dévier la conversation vers le sempiternel Québec vs France et te traiter de partisan honteux de l'hégémonie frrrrrançaise.

en prenant pour comparer des pays "neutres" à ce combat tu fauches l'herbe sous le pied aux fâcheux !!!

sinon, Louisa, pour ton argumentation je n'ai qu'une chose à dire: two thumbs up !!


rase_poutine - Thursday 08 December 2005 - 18:04
Très intéressant et très instructif. Je n'avais de la vision de l'enseignement que celle d'étudiante-cliente et de parent. Le "Mamouth" québécois est un monde assez hermétique et les informations contradictoires qui filtrent ne font qu'embrouiller les citoyens qui ne savent plus à quel saint pédagogue se vouer.

Il y a belle lurette que le tronc commun, qui garantissait une culture minimale sans but utilitariste, n'existe plus ici. Le ministère de l'Éducation traite ses élèves comme des clients-payeurs en les flattant dans le sens du poil pour ensuite mieux les cantonner dans la médiocrité et en faire des moutons dociles, incapables d'analyse et de jugement. Pour en faire des êtres responsables, il est indispensable de leur inculquer une bonne base de données, sans laquelle aucune réflexion n'est possible : la CULTURE. Doublée de méthodes d'analyse et d'un vocabulaire assez riche pour en tirer la substantifique moëlle. On en est encore bien bien loin...

Au fait, Louisa, j'ai déjà travaillé pour le CIRAL... Que de subventions pour ce tonneau percé !

chancremou - Friday 09 December 2005 - 05:30
Une entreprise de lavage de cerveau idéologique sauce nationaliste, assaisonnée d'un "dressage" socio-culturel orienté vers la soumission à un référentiel pré-mâché de "valeurs morales" intouchables (féminisme, tout le monde il est gentil, vive la pauvreté et la modestie...), et s'il reste du temps un bourrage de crâne sur deux trois compétence hyper-spécialisées sans lesquelles les chères têtes blondes seraient inutilisable même comme esclaves sous-payés. Une vision totalitariste digne de Georges Orwell.

wouri - Friday 09 December 2005 - 06:47
Le ministère de l'Éducation traite ses élèves comme des clients-payeurs en les flattant dans le sens du poil pour ensuite mieux les cantonner dans la médiocrité et en faire des moutons dociles, incapables d'analyse et de jugement.

Une entreprise de lavage de cerveau idéologique sauce nationaliste, assaisonnée d'un "dressage" socio-culturel orienté vers la soumission à un référentiel pré-mâché de "valeurs morales" intouchables
Je souscris sans réserve.

Avec deux questions:

1) Pourquoi sommes-nous SI PEU NOMBREUX en nous en rendre compte?

2) Pourquoi AUCUN homme public, journaliste (mettons, parmi ceux qui n'ont rien à perdre...) ne se décide à "mettre les pieds dans le plat"?

chancremou - Friday 09 December 2005 - 20:45
1) Pourquoi sommes-nous SI PEU NOMBREUX en nous en rendre compte?
Pour s'en rendre compte il faut soit en profiter, soit en avoir été témoin ET, suite au choc émotif, avoir acquis la capacité de voir au-delà du paradigme de confiance à priori qui détermine le comportement social de l'être humain. Et si on en profite, on a aucune raison d'ouvrir sa gueule... reste parmi les autres, ceux que ça n'a pas trop maganés pour être encore capable d'en parler.
2) Pourquoi AUCUN homme public, journaliste (mettons, parmi ceux qui n'ont rien à perdre...) ne se décide à "mettre les pieds dans le plat"?
Statistiquement, c'est étonnant en effet. Je crois que le "système" est tricoté suffisamment serré pour que ces gens là soient repérés rapidement, et "désamorcés". La condition sine-qua-non pour passer du statut de "naïf" à celui de "profiteur" est de prouver qu'on est capable de se fermer la trappe. Je n'invente rien, ça m'a été dit texto par un collègue de travail qui me voulait du bien.

louisa - Sunday 11 December 2005 - 16:24
je ne fais aucune comparaison. je fais juste signaler que la Suisse sert de modèle aux pontes du ministère de l'éducation.

pourquoi sommes-nous les seuls à nous en rendre compte?

je ne pense pas que nous soyons les seuls êtres lucides (certains diront même extra-lucides, aie!) de cette province...

en ce qui me concerne c'est peut-être que j'ai développé une sensibilité chronique, structurelle...à toute forme d'endoctrinement idéologique, que je vomis le racollage politicien et que je dédaigne les parvenus!!!!

la liberté, l'indépendance, l'autonomie: très très beaux principes, mais à condition que ça vienne avec le LIBRE_ARBITRE.


chancremou - Monday 12 December 2005 - 14:14
Le Québec est une société de type fasciste. Une fois qu'on a compris ça, tout va beaucoup mieux: on fait comme les Romains picétoute.

escartefig - Wednesday 14 December 2005 - 01:16
en ce qui me concerne c'est peut-être que j'ai développé une sensibilité chronique, structurelle...à toute forme d'endoctrinement idéologique, que je vomis le racollage politicien et que je dédaigne les parvenus!!!!

la liberté, l'indépendance, l'autonomie: très très beaux principes, mais à condition que ça vienne avec le LIBRE_ARBITRE.


AH! Louisa...mais putaing que j'aime ça!...que dire?
Je suis assis sur le cul à te lire et relire....en position bouddhique....Je t'avais pourtant parlé d'un livre....sur l'apprentissage il me semble...je n'en dirai pas plus....icitte sti.

Le libre arbitre et le plaisir....c'est ça...
y a que ça...mais...

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