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Les retours en France
Auteur: karnak   -    thème: Divers
Je ne peux m'empêcher de douter du chiffre sorti par le journal Libération sur les retours en France : 15 %

Depuis que je suis ici, c'est-à-dire depuis 6 ans et demi, je n'ai pas arrêté de voir des Français retourner vivre en France, à tel point même que je suis bien obligée de constater que j'aie perdu quelques-uns de mes meilleurs amis au fil des ans et des rencontres.

J'ai fait également un constat assez étonnant. Les retours ne dépendent nullement de la situation de l'immigrant français. Qu'il soit jeune, plus vieux, seul, en famille, ou qu'il ait une belle situation..., il sera amené un jour à retourner ou à aller ailleurs.

Concernant par exemple les jeunes (20-27ans) , à mon avis, la DGQ se trompe en les recrutant. Ils viennent se faire la main ici et repartent généralement après 2 à 3 ans. En effet, ils n'ont pas autant d'attache que les trentenaires et quarantenaires, n'ont pas encore d'enfants à trimballer d'un pays à l'autre et au retour, ils ont encore l'âge pour se faire recruter en France. Le Québec leur offre la possibilité de trouver un emploi rapidement dans leur domaine d'études.
S'ils sont célibataires et décident de rester, ils vont finir par se mettre en couple avec un Québécois et une Québécoise. Les problèmes peuvent commencer à surgir à partir de ce moment-là à cause des différences culturelles reliées à la gestion d'un couple . Et quand vient la naissance d'un enfant et qu'ils ont un peu vieilli, ils sont finalement confrontés aux mêmes problèmes que la génération suivante (28-40 ans).
Atteints plus largement de SPI et se disant échapper à la politique d'ici, aux trous dans les routes, à l'attente aux urgences, à la médiocrité..., ils n'ont donc pas l'expérience de vie des plus vieux (d'où leur innocence) et sont souvent les premiers à repartir.


Concernant les 28-40 ans, ils sont venus vivre au Québec après avoir généralement laissé une bonne situation en France. Même si elle n'est pas toujours reconnue au départ sur papier, leur expérience française leur a servie pour trouver un bon boulot ici et ils ont su généralement se démarquer des autres candidats dans leur travail (plus grande polyvalence que leurs collègues Québécois, valorisation de leurs qualités rédactionnelles, etc). En arrivant au Québec, ils n'ont pas forcément d'enfants. Cependant, comme ils restent pour une période plus longue que la première catégorie, c'est-à-dire entre 4 et 8 ans, ils finissent par en avoir. Avec la naissance d'enfants ou la scolarisation de leurs enfants nés en France arrivent certains problèmes plus prononcés : éducation, difficultés d'adaptation, manque de la famille, mauvaises expériences du système médical, etc. Ils repartent donc eux aussi mais pire encore, après souvent avoir acheté une maison, fait débuter l'école aux enfants (les enfants peuvent d'ailleurs être parfois rétrogradés d'un an à leur retour dans le système scolaire français) et commencé une vie de citoyens canadiens tout à fait normale mais avec les mêmes exigences que tous les autres citoyens envers la société dans laquelle ils vivent (ils sont plus intéressés et touchés par les problèmes de société et de politique).


Concernant les plus de 40 ans, j'ai l'impression que certains vivent depuis très longtemps au Québec. Une vague de Français (ceux qu'on peut réellement appeler les maudits français) sont arrivés ici en colons avant la révolution tranquille. Ils ont fui la France pour diverses raisons (famille, problèmes avec le fisc, Guerre d'Algérie, etc). Ce sont maintenant des baby-boomers ou presque...Donc, ils ne sont pas dans les mêmes conditions que les autres, notamment en ce qui a trait à leur finances. Ils sont arrivés au Québec alors qu'ils étaient jeunes. Ils ont maintenant femme et grands enfants au Québec mais pour certains, le divorce a fini de les faire rêver à un éventuel retour. Puis laisser ses enfants au Québec et retourner vivre en France, ce n'est pas pensable.
Ceux qui ont plus de 40 ans mais qui proviennent de la dernière vague d'immigration rondement marketée par la DGQ (c'est-à-dire la nôtre) sont peu nombreux puisque d'office ils ont moins de points pour immigrer. Dans un contexte de plein emploi, ils arrivent a priori à mieux s'en sortir qu'en France sur le marché du travail où dépassé l'âge de 40 ans, on est considéré comme des vieux. Certains d'entre eux sont également des investisseurs (tourisme, restauration...). Cependant, pour profiter de la qualité de vie qu'ils avaient avant, mieux valait arriver avant l'année 2000 car depuis tout a augmenté au Québec sauf les salaires (l'immobilier, etc).


Enfin, les expatriés sont une catégorie à part car ils continuent à profiter des avantages de la France sans les inconvénients, notamment pour l'éducation et la santé.

Je n'essaie donc pas de dire que tous les gens reviennent en France mais ce 15 % est un pourcentage réellement trop bas (beau) pour être vrai.


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10 commentaires
benny_b - Monday 15 August 2005 - 11:53
Ce genre d'article, comme ceux de l'express, cela s'appelle un marronnier: un sujet bateau de l'été qui ne nécessite pas de journalistes (en vacances comme beaucoup de monde en cette période estivale) voir pire(et probable), acheté à une agence qui fournit des reportages clef-en-main non signés et avec l'autorisation de mettre les noms des journalistes maisons. Ce même reportage, probablement refourguer par des agences de commm....

Il existe la même chose pour les automobiles (reportages "sponsorisés" par les constructeur) mais il est vrai que l'achat d'une voiture est une décision moins lourde que l'immigration....

Bref c est pas trop un modèle d'objectivité.

Benny B.

louis - Monday 15 August 2005 - 12:52
Concernant les immigrants arrivés ici dans les années 1950, les "maudits français" comme tu dis, tu touches véritablement un bon point. Il y a effectivement eu une vague d'immigration importante après la guerre et au début des années 1950.

Ces gens-là sont en grande partie responsable de la mauvaise réputation qu'on a fait aux immigrants français au Québec. Il faut dire que la société canadienne-française, comme on disait à l'époque, était assez retardée et que pour un laïc républicain, il devait être assez facile de critiquer...

En plus, plusieurs aventuriers au passé plus ou moins avouable (comme des anciens collabos) se sont glissés dans le flot des immigrants français. On a eu droit à plusieurs faux médecins, faux pharmaciens, faux avocats, faux notaires, faux ingénieurs, et même, plus tard, de faux prophètes (Raël). Beaux parleurs, ils se fabriquaient souvent des cv et des diplômes qu'en ce temps-là on ne pouvait pas vérifier aussi facilement qu'aujourd'hui.

Mais des affaires célèbres comme celle du "Docteur" Gaston Naessens qui prétendait guérir le cancer avec une potion secrète (le 714X) et celle du "notaire" Darabanner qui a foutu le camp avec les millions de ces clients ont commencer à inciter les ordres professionnels à fermer les portes.

frenchdad - Monday 15 August 2005 - 12:57
La réalité sur le terrain, aujourd'hui, c'est, sur un lot qui arrive:
50% du lot qui repartira dans les 5 ans
70% du lot qui sera reparti dans les 10 ans.

Le problème, c'est le Québec d'aujour'hui, tel qu'il est et qu'on imagine sera, par rapport à l'image que les immigrants en ont, projeté par les publicités trompeuses des organismes ministériaux de propagande à l'étranger.

Le produit ne vaut pas la pub.

karnak - Monday 15 August 2005 - 16:44
la DGQ se trompe en les recrutant


J'ai oublié de préciser que la DGQ se trompe car elle pense que cette catégorie de jeunes immigrants (les jeunes) va rester et former une famille pour augmenter le taux de natalité et payer les retraites des baby-boomers. C'est le cas contraire qui doit se produire le plus souvent à mon avis. Dès que ces jeunes ont des enfants, ils repartent. L'éloignement familial, la santé (après la maternité et les premiers mois de l'enfant, les problèmes commencent vraiment : allongement des délais, difficultés à trouver un médecin, manque de suivi, etc) puis l'éducation (quand on entend s'exprimer les neveux et nièces restés en France, on constate l'écart).

Alors évidemment, cette catégorie sera la plus atteinte par le SPI car elle n'a pas beaucoup d'expérience de la vie, elle ne pourra pas beaucoup faire de comparaisons et elle est venue pour tout bonnement en profiter, pas pour rester... d'où la grosse erreur de la DGQ qui pense au départ que cela va être la cible la plus stable.

Tous les immigrants français que je connais qui vivent depuis plus de 6 ans ici sont trentenaires et quarantenaires.

karnak - Monday 15 August 2005 - 17:12
Doom est par exemple un cas typique de la catégorie des 20-27 ans. Atteint fortement de SPI, il a été l'un des premiers d'entre nous à repartir et à rester aussi peu longtemps au Québec...Et cela sans même avoir d'enfant. Pourtant, pourquoi partir du Québec si on l'adore et si on n'y voit pas d'inconvénients ? Pourquoi troquer la qualité de vie d'ici contre un 30 m2 à Paris et un boulot qui se termine tous les jours à 20h ? Il y a des trucs que je ne comprendrais jamais.

Pour la 2è catégorie, la famille canadours est un bon exemple. Bien installés, ils s'aperçoivent qu'il y a des failles. Cependant, avec une famille, un retour n'est pas une partie de plaisir. Finalement, il ne pourra être que salutaire et facilité par l'obtention d'un boulot en France à partir du Québec.

J'ai rencontré un soixantenaire qui fait partie de la dernière catégorie. Il a fuit le fisc et laissé derrière lui des employés sans salaire. Ce type s'exprime comme un colon à l'endroit des québécois mais profite aujourd'hui d'un portefeuille bien garni.
Parmi les quarantenaires ou cinquantenaires récemment arrivés, il y en a quelques-uns aussi sur ce site.

Et parmi ceux qui sont obligés de rester vivre au Québec, comme enchaînés à leur destin, il y a un paquet de divorcés. Ils n'ont pas le choix et ne se gênent pas pour critiquer le pays dans lequel ils vivent depuis plus de 10 ou 20 ans. Ils se reconnaîtront

cyrano - Monday 15 August 2005 - 18:16
"S'ils sont célibataires et décident de rester, ils vont finir par se mettre en couple avec un Québécois et une Québécoise. Les problèmes peuvent commencer à surgir à partir de ce moment-là à cause des différences culturelles reliées à la gestion d'un couple"

Tu l'as dit! et des fois du coup ils restent parce qu'ils ont fait un gamin ou une gamine magnifique avec une mère ou un père désabusés du couple par culture!

nikky - Monday 15 August 2005 - 20:10
Tu l'as dit! et des fois du coup ils restent parce qu'ils ont fait un gamin ou une gamine magnifique avec une mère ou un père désabusés du couple par culture!
Gnan gnan gnan...suis-je désabusée de mon couple moi?

Des fois, je me demande VRAIMENT où vous êtes allés chercher ces québécoises! Si vous voulez vous mettre en ménage, je vais vous présenter les bonnes québécoises moi!


Mais pour revenir au texte de Karnak, son analyse est intéressante, quoique cela s'adresse uniquement au peuple français (qui sont majoritaires sur le site).

Qu'il soit jeune, plus vieux, seul, en famille, ou qu'il ait une belle situation..., il sera amené un jour à retourner ou à aller ailleurs.
Je ne vois pas cela comme un fait négatif, du moins pas nécessairement pour l'immigrant (pour le gouvernement qui recrute, évidemment leur mission tombe à plat). Je pense que ce genre d'expérience doit surement être très enrichissante, même si elle est peut-être être difficile.

chancremou - Monday 15 August 2005 - 20:18
Bien vu Karnak. Toi aussi tu vas finir par te casser... et moi je n'attend que ça.

bisontine - Tuesday 16 August 2005 - 06:26
pourquoi je suis venue?
- experience de travail a l'internationale, mon domaine en croissance a Mtl
- donc faire avancer ma carriere plus vite que cela etait possible en France
- voir du pays apres un 1er sejour en Angleterre
- un projet de couple, une vision commune

pourquoi je pars?
- 3 ans d'experience professionelle bien remplie et suffisante pour tres bien se revendre
- 3 ans c'est long avec
les "caserapalon"
les "il ya 3 h d'attente pour voir un medecin"
les " vous avez paye 47% d'impot cette annee"
les "tu as 1h pour ramasser tes affaires, on prepare ton cheque"
les "vous les francais...."
- une maman qui veillit et des amis qui sont loins

le Qc n'a pas gagne mon coeur, il m'a montre que malgres ses defauts la France est un beau pays ou le mots progres et solidarite sociales ont une reelle signification

karnak - Tuesday 16 August 2005 - 08:09
Je ne vois pas cela comme un fait négatif, du moins pas nécessairement pour l'immigrant (pour le gouvernement qui recrute, évidemment leur mission tombe à plat). Je pense que ce genre d'expérience doit surement être très enrichissante, même si elle est peut-être être difficile.


Je suis tout à fait d'accord. C'est une expérience enrichissante. Si je retourne en France, je risque même de perdre une partie de ce que je suis devenue ici.
Pour sûr, telle que je me connais, je verserai une larme dans l'avion.

En ce qui concerne le recrutement du gouvernement, il est effectivement très mauvais. Le Québec n'arrive pas à garder les immigrants français. Ils sont justes de passage.

Comme dit un peu Bisontine, vivre au Québec nous fait même aimer les défauts de la France. Les Français rouspètent trop souvent et ne savent pas la chance qu'ils ont.

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