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 | On a vu … et on en est (finalement vite) revenu ! |
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Monday 30 December - 09:11 - 3775 lectures par gil |
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D’aucuns qualifieront cette ébauche de bilan d’un simple séjour de longue durée au Québec qui ne mérite pas sa place dans cette rubrique, pourtant tout comme beaucoup d’autres nous sommes passés par les différentes phases de l’immigration depuis l’émergence dans notre subconscient un beau jour de 1995 d’une « envie d’aller voir ailleurs » jusqu’à notre installation à Montréal en décembre 2001 et nos 8 mois de vie à la Québécoise en passant par les CSQ et autres visites médicales, la réception des visas, la démission de mon boulot, la vente de ce que nous possédions en France et l’arrivée à Dorval, le tout avec l’espoir mais aussi les doutes liées à une « Nouvelle Vie au Canada » (une mention spéciale à Yann dont le livre puis le présent site ont su accompagner notre démarche…).
Au final, notre bilan est mitigé, bref des choses positives mais d’autres plutôt négatives, ce qui explique sans doute notre décision de ne pas nous accrocher coûte que coûte à la Belle Province et de prendre l’option du retour… La vrai liberté n’est elle pas là ?
Travail :
En ce qui me concerne, je suis plutôt mal tombé suite aux attentats du 11 septembre et cela a sans doute conditionné en partie notre choix de retour. En effet, cadre d’exploitation dans le transport aérien et malgré de bons contacts (Ah, le réseautage…) dans ce milieu, mon bilan professionnel canadien est plutôt maigre : aucun d'espoir d'embauche avant l’été 2003 au mieux…
Même topo en tentant de rebondir dans d’autres secteurs de l’économie … j’ai passé l’âge d’aller bosser au Mc Do pour 7$ de l’heure surtout avec 2 enfants à charge, ceci dit certain immigrants passent par là et finissent par s’en sortir … mais dans quelle proportion et puis le jeu en vaut il vraiment la chandelle ? Ce qui est sans doute réalisable, voir stimulant quand on a 25 ans, l’est déjà moins quand on a 35…
Mon épouse, cadre commerciale, a certes pu décrocher des ‘jobs’ … mais finalement assez loin de ses réelles compétences … et donc maigrement rémunérés. 30000 $ brut annuel (à l’autre bout de l’ile de Montréal) dans un monde capitalistique où tout se paie, c’est pas le fun… (mais correct pour débuter quand les 2 ont un job).
Economie :
Je pense que la conjoncture n’explique pas tout . De retour en France depuis 2 mois, j’ai en moyenne une offre d’embauche tous les 15 jours… alors que mon secteur n’y est pas non plus au mieux de sa forme. Simplement, l’esprit d’entreprise me semble au rendez vous (les dernières élections ont sans doute fait évoluer les choses) au point où je me demande même si le modèle nord américain n’aurait pas atteint son point de non retour… Le soleil ne se lève t’il pas à l’est…
La gestion des ressources humaines au Canada se fait sans grande anticipation (embauche - débauche massive…) et comparativement au modèle européen la productivité y est bien plus faible …
Les immigrants qualifiés font donc les frais de cette situation (excepté dans quelques secteurs d’activités privilégiés) et la facture me semble salée au regard des avantages que le Canada est susceptible de nous apporter.
Le quotidien :
La vie sécuritaire, le côté pragmatique des choses et la perspective d’avoir un jour la piscine dans le jardin n’ont pas réussi en ce qui nous concerne à compenser un système de santé moyenâgeux (avec 2 jeunes enfants on s’en rend vite compte…), une éducation à deux vitesse, l’instauration de « l’enfant roi » et un principe de société (y compris les relations entre individu) où tout est basé sur les $ et l’esprit de surconsommation… au point où l’être humain lui même est vite réduit à un état de bien consommable. Où sont les vrais valeurs ?
Côté nourriture pour les épicuriens que nous sommes le Québec nous a laissé un goût de « sans saveur et d’OGM » malgré le choix des marchés et épiceries de Montréal. Reste que Montréal offre pour une mégalopole nord-américaine tous les agréments ainsi qu’une diversité culturelle enrichissante qui en font une ville où il fait bon vivre, à partir du moment où l’on en a les moyens.
Conclusion :
Toute expérience est bonne à prendre... En effet, cette remise en question s'est avérée positive pour moi, elle m'a permis de mûrir, de prendre du recul et faire le point sur mes objectifs et aspirations. Bien sûr, l’Europe n’est sans doute pas non plus l’eldorado, mais un petit stage au Québec permet de nuancer bien des choses…
Ceci dit, lorsqu’on galère en région parisienne et que l’on rêve de s’évader du stress et des bouchons quotidien, je comprends fort bien que le Québec puisse représenter une alternative à ne pas négliger…
Avec le sentiment d'avoir été au bout d'un projet qui nous tenait à cœur, et bien que nous ayons englouti quelques économies dans cette aventure, nous nous sentons riche d'une nouvelle expérience de vie conjuguée à la découverte d'une autre culture. Aujourd’hui au moment où nous finalisons notre installation en terre bretonne, nous avons d’autres rêves…
Encore une fois, chaque immigration est unique. Toutefois, bien préparer son départ au niveau du boulot donc voir où en est réellement le marché du travail au Canada (la pub de la DGQ est a prendre avec beaucoup de précaution…) avant de partir a sans doute son importance...
Take off is optional, landing is mandatory…
Gilles & Michèle
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Au Final:
Mitigé
Emploi:
Très décevant
Social:
Mitigé
Qualité de Vie:
Positif
Climat:
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Familial:
Mitigé
Services:
Très positif
Perspectives:
Retour au pays
Mon Conseil:
Bien réfléchir
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acebook partage
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12 commentaires
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meriadec - Monday 29 July - 10:23
| j'ai trouvé tres bien ta façon de presenté les choses et à mon avis ce bilan à toute sa place sur ic
je vous souhaite un rapide retour sur vos pattes
amicalement meriadec
| yann - Monday 29 July - 14:34
| Merci pour ce bilan. Je pense bien que pour les enfants tout du moins, vous avez fait le bon choix. L'avenir vous donnera sans doute raison sur nous qui insistons et sur ceux qui arriveront les valises a la main et les reves plein la tete. Alors bonne chance (et je sais que vous en aurez) pour votre nouvelle vie en terre gauloise et profitez pour nous du vin et de la bonnebouffe de la-bas.
| paskos - Monday 29 July - 17:26
| Salut, Je pense que pour les "gosses"  vous avez pris la bonne decision.
| plochert - Monday 29 July - 17:59
| Ton récit est intéressant à double titre car il montre que tout n'est pas rose de l'autre côté et qu'il est toujours possible de revenir à tout moment. Pour ma part avec 2 enfants de 4 et 6 ans, j'en suis à l'envoi de ma DPI prochainement. Même si j'ai une vie agréable en Provence avec piscine, et malgré tous les côtés "négatifs" décris par certains sur le forum, je n'en reste pas moins attiré par la vie au Canada : je ne me focalise pas sur le Québec à tout prix, même si la langue serait un atout pour ma petite famille.
| bgaboriaux - Monday 29 July - 20:35
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Bonjour,
Je suis trés peiné de voir un retour en France car je souhaites à tous la meilleur des réussite. Reprenez moi si je me trompe mais c'est hélas un mauvais concour de circonstance qui a fait que votre aventure s'arrête trop tôt !!!!
Domage et bonne continuation pour la suite.
Amicalement Bruno
| gil - Tuesday 30 July - 08:43
| Le bonheur est dans le voyage et non pas au bout du chemin …
Même si notre immigration à avorté alors que l’aspect administratif et matériel était réalisé, restait le plus aléatoire : l’adaptation pour ne pas dire l’intégration. Au bout de 3 mois à Montréal, nous étions déjà sûr d’une chose : nous n’allions pas y rester jusqu’à la fin de nos jours… mais si l’aspect professionnel avait pu se concrétiser pour moi, nous y aurions effectivement bien volontiers posé les valises une paires d’années. Je n’ai pas eu la volonté de « m’accrocher » plus longtemps alors que peut être le plus dur était derrière nous… Reprendre des billets aller-simple vers la France, revendre à moitié prix tout ce que nous venions d’acheter au prix fort (avec TVQ & TPS…) dans l’ivresse de nos premières semaines Québécoises (alors que nous avions déjà fait l’exercice 9 mois auparavant…) n’a pas été décision facile à prendre…
Notre bilan ne correspond pas au scénario que nous avions en tête en arrivant au Canada, nous avons simplement adapté nos décisions en fonction de l’évolution des choses et de la façon de les vivre .
Mais peut être avons nous fait tout simplement un cheminement plus rapide que d’autres… Les bons souvenirs demeureront tout comme les amitiés que nous avons pu liées au Canada. Mes enfants conserveront en mémoire une année scolaire pas tout à fait comme les autres… Cette ouverture sur le monde nous aidera sans doute avec humilité à mieux gérer notre destin.
Aujourd’hui, grâce / à cause de cette expérience de vie qui s’est parfois apparentée à une épreuve psychologique (…) , je me sens tous simplement mieux armé pour continuer ma vie … Le vrai bénéfice est là.
Bien à vous tous
Gilles
| okmijn2002 - Friday 02 August - 10:50
| Tout en déplorant le fait que votre aventure montréalaise n'ait pas duré plus longtemps, je comprends que vous ayez plié bagage avant d'atteindre un point de non retour qui aurait pu avoir des conséquences plus graves sur les plans personnel et familial - plutôt que de vous acharner.
Vous prenez les choses avec philosophie et je suis certain que cette expérience vous aura rendu plus forts et plus riches intérieurement - c'est le genre d'expérience à vivre, même si l'objectif initial n'a pas été atteint.
Je pense que vous êtes maintenant mieux armés face à l'adversité, et je suis sûr que votre futur en France ou ailleurs sera des plus radieux. L'avenir est entre vos mains.
Bon courage pour la suite - je ne me fais pas de souci pour vous.
Amicalement, Minh Quang.
| petrolette - Friday 02 August - 13:57
| >> Mais peut être avons nous fait tout simplement un cheminement plus rapide que d’autres…
Tout à fait.... Je suis de plus en plus convaincue que des immigrants français relativement honnêtes ne restent pas ici (à moins d'un mariage mixte).
Quant aux enfants, c'est effectivement un crime de les faire grandir ici en sachant les risques qu'ils encourrent, mais pour s'en rendre compte encore faut il pouvoir comparer, avoir des enfants qui ont déjà vécu ailleurs, avoir des notions de ce qu'est un système scolaire, des bobos de santé etc etc...
Bonne chance à vous !
| patrice - Monday 05 August - 13:23
| Dans votre bilan, vous faites la part des choses (le bon et le mauvais) et on s'aperçoit que vous avez mûrement réfléchi avant de prendre votre décision de revenir. En ce qui nous concerne, nous venons d'arriver et nous attendons un enfant pour le début de l'année prochaine. Pour l'nstant, ma femme Sophie n' a pas trouvé de travail mais nous ne désespérons pas. Vos conseils et ceux des membres d'IC vont certainement beaucoup nous aider.
Bon courage pour la suite !
Patrice et Sophie
| patrice - Tuesday 06 August - 11:19
| Je trouve que votre expérience n'est pas un échec car vous êtes déjà capable de rebondir en France, à peine revenus. Si vous étiez revenus sans proposition de boulot, ça aurait été sans doute pire.
Votre bilan est modéré et réaliste. Vous ne vous êtes pas mis à critiquer le système et c'est bien...
Bon courage pour la suite.
| elzo - Tuesday 06 August - 14:23
| Ca me fait chaud au coeur de voir quelqu'un partir. J'aurai fait tout mon possible pour vous convaincre de rester. Puisque je sais que le vrai goût de l'immigration c'est à la fin pas au début. Je suis conscient que la vie ici n'est pas facile. Mais en venant ici avec sa famille ca peut causer des ennuies puisqu'il y a des besoins immédiats à régler... Moi je suis venu seul, je me suis permis de prendre le temps qu'il faut pour trouver enfin ce que je cherche.Ca a pris un sacré deux ans pour un retour à l'université. Entre temps j'ai allié un petit boulot les week ends (200$/semaine) + bourse+ enseigner à la fac...J'avoue que je m'en sortais financièrement mais c'est dure à tous les niveaux. Mais je peux dire maintenant que le jeux en vaut la chandelle.....elzo
| ayoye - Monday 13 January - 22:14
| Vous avez bien raison. Il faut savoir dire "'cest assez !" quand rien ne va plus. Il y aucun intérêt à vivre ici si l'on sent la vie s'envenimer. On est perdant sur toute la ligne et c'est de l'acharnement que de vouloir s'y trouver bien. Vous avez pris la décision, l'autre grand saut. Bonne chance dans vos démarches !! Ayoye.
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