Alors voilà, j'y suis allée et franchement, c'est pas si pire ! Je plante le tableau : 19h, à la chambre de commerce de Montpellier. Environ 300 personnes dans l'amphi, grosse majorité de 20-35 ans, pas mal de gens, la quarantaine, plusieurs personnes de plus de 60 ans (pour leurs petits enfants ???). Deux personnes de la DGQ, un gars (dont j'ai oublié le nom) 30-35 ans, et une femme à peu près du même âge, enceinte, Eve.
Projection des diapos, bla-bla ininterrompu du gars pendant une bonne heure, puis séance de 2 heures de questions libres.
Je relate froidement (presque ) sans commentaires leurs dires : Au sujet du bla-bla, chiffres choquant (quand on connaît la réalité) de soit disant 85% de français qui restent au Québec !!! Raison invoquée du retour des 15 % : le manque de la famille, le ou la conjointe qui ne trouve pas de boulot ou qui ne s'adapte pas et veut rentrer, et 1 à 2 % qui ne supportent pas le froid... Je vous laisse apprécier...
Gros speech sur le fait que le Québec est à 4 habitants au km2 et sur le fait qu'ils ont la place de nous accueillir... Bon speech sur toutes les activités ludiques ou sportives hivernales ou estivales. Insiste sur le cas du travailleur qui sort du boulot à 17h30 en Québec et qui est sur les pistes de ski à 18h pour du ski en soirée...
Au sujet du logement : pas de caution, pas de charges, pas de taxe d'habitation, précise que dans quelques cas pour les immigrants, les proprios demande 1 à 2 mois de loyer d'avance. Prix d'un loyer moyen pour un 4 1/2 : 450 $ pour 100 à 150 m2.
Petit point discret sur la crise du logement à Montréal centre et Québec centre et les bonnes affaires que l'on fait en banlieue et en région et rappel de la notion d'espace et de qualité de vie dans ce cas là.
Pour l'achat d'une maison, frais de notaire réduit à 600$ quelle que soit la valeur du bien, pas de droit de succession, précise qu'un touriste peut acheter au Québec mais que ça ne lui donne pas le droit de résidence.
Bla-bla sur le tél (15 à 20 $ illimité en local)Internet haut débit à 18$, carte métro à 35 $, cinéma pas cher et tout et tout .
Prestations sociales : Comparaison avec la France : assurance maladie et hospitalisation, carte soleil rapide à obtenir et qui donne droit à la gratuité, assurance médicament pas très clair comme quoi certaines entreprises permettent d'obtenir le 1/3 payant grâce à leur participation... Allocations familiales moins élevées qu'en France mais contrepartie garderies beaucoup moins chères à 3euros jour pour permettre aux deux parents de reprendre le travail. Assurance chômage et retraites idem qu'en France avec la possibilité de toucher la retraite au Québec des années travaillées en France et vice versa...
Petit chapitre sur la scolarité et les différences avec la France, précision sur toutes les possibilités offertes aux adultes de reprendre des cours le soir.
Speech sur les différences de statuts d'immigration avec le détail des différents visas (touristiques, travailleur indépendant, étudiant, temporaires, salariés ou expatriés), rappel des différentes procédures et durée de chaque étape ainsi que les coûts.
Speech sur la différence de mentalité au niveau du travail au Québec/ France : salaire payé toutes les 2 semaines, impôts prélevés à la source, 40h / semaine, grande mobilité professionnelle, hiérarchie plus souple, congés de base de 2 semaines l'été mais précise que dans beaucoup de boites c'est plus (2 à 4 semaines supplémentaires), absence quasi générale de contrats de travail.
Conseils sur la technique de recherche d'emploi et les différences de présentation de CV avec dans l'ordre, le savoir-faire, le savoir être puis, le savoir.
Précisions sur toutes les aides apportées à l'émigrant à son arrivée : les 5 1/2 journées d'aide aux démarches administratives, aide à l'obtention des documents administratifs, info sur les services municipaux, les organisations politiques et réalités culturelles et sociales.
Bon voilà pour le speech du gars, très professionnel, ajoutant toujours une pointe d'humour à son discours, qui connaît bien son "produit" et en parle correc'.
Puis viennent les questions et là encore, bonne maîtrise de la langue de bois, reste vague ce qui faut, précise qu'il ne peut pas traiter tous les cas particuliers, mais bon, assure.
Comme il y avait trop de questions, je suis allée autour de la nana Eve, qui n'avait pratiquement pas dit un mot (c'est elle que l'on voit dans le reportage) et si j'ai dit que finalement c'était pas si pire, c'est grâce à elle.
Beaucoup plus humaine et accessible que le gars, j'ai trouvé que tout en faisant son boulot (pas de dénigrement bien sur !)elle avait toutefois un discours sensé sur l'immigration et ses risques. J'ai trouvé qu'elle ne laissait aucune place au rêve, précisait que oui, on gagnerait moins là bas (à boulot équivalent on toucherait autant de $ que d'euros, soit moins)mais qu'il ne fallait pas venir pour se faire du fric. Que ce genre de motivation était voué à échec et qu'il fallait privilégier la qualité de vie à la quantité de fric.
Elle a bien insisté sur la nécessité de venir se rendre compte sur place en parlant aux gens, en allant prospecter des entreprises sur place pour connaître les besoins réels, sur la quasi-obligation à commencer au bas de l'échelle mais sur les possibilités réelles de progression si capables, bref, je trouve qu'elle a été relativement honnête si je me fie à vos dire sur la réalité québécoise.
Elle a calmé quelques excités aux diplômes ronflants en leur disant que ça valait sûrement tripette là bas, a parlé un long moment sur les ordres professionnels et les professions bouchées. A insisté sur la nécessité d'ouverture à l'autre culture et sur les différences de vision entre le touriste et l'émigrant.
Bref, j'ai trouvé que dans l'ensemble elle avait fait un travail disons correct d'information et qu'elle insistait bien sur la nécessité de s'informer par tous les moyens possibles et imaginables et sur la nécessité de bien connaître ses vrais motivations à l'exil.
Fin du rapport à vos claviers pour les commentaires…;-)
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