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Thème
Immigration Application Canada
Sujet
Immigrer au Canada au début du siècle
Auteur
patriote Friday 07 March - 14:53

Suite au message de Try_Montréal qui parlait des bonne veilles méthodes..

Je suis tombée en Europe sur un livre du tout début du siècle dernier (la date n'est pas indiquée, mais il semble selon les références qu'il ait été édité autour de 1910) qui incitait les colons à venir s'installer au Canada…

J'avais pris le temps de le recopier en partie. En voici des extraits : Ça vaut la peine de le lire jusqu'au bout!


Canada le pays de l'avenir

CONSEILS PRATIQUES aux colons de langue française

Le Canada, belles récoltes, climat salubre, faibles impôts, instruction gratuite



Considérations pratiques

Ceux qui émigrent doivent bien se pénétrer de l'obligation pour eux de s'adapter aux gens et aux choses du pays où ils vont se fixer. C'est une condition sine qua non de succès et une obligation morale qui va de soit. On doit respecter la manière de voir et de faire de ceux au milieu desquels on va vivre, à plus forte raison lorsqu'on est obligé de travailler. On s'aperçoit bien vite parfois qu'il est nécessaire de tenir compte des opinions d'autrui si l'on veut faire respecter les siennes propres.

Le système pour certains esprits forts de trouver à redire sur tout ce qu'ils voient ou entendent et de tourner au ridicule les pratiques sociales, religieuses ou autres, des pays où ils se fixent, n'est en général admis ou toléré nulle part. Il serait donc préférable, pour ceux qui ne se croiraient pas capables de résister à l'envie de critiquer tout ce qui les entoure, de renoncer à leurs projets d'émigration.

Ne cherchez jamais à prouver à la personne qui vous emploie combien mieux se font les choses dans votre pays, parce que cela ne servirait qu'à l'indisposer contre vous et le déterminerait peut-être à ne pas vous garder à son service. Dites-vous qu'on travaillait dans ce pays bien avant que vous ne naissiez et que les gens qui l'habitent doivent mieux savoir ce qui leur convient que le premier étranger venu, si habile soit-il.

Il y a dans tous les pays une catégorie d'émigrants, de très bonne foi peut-être, mais plus remplis d'enthousiasme que de réel courage et, il faut bien le dire, ayant souvent un bagage considérable d'illusions enfantines et de théories personnelles impraticables. Inutile d'ajouter qu'ils sont inaptes à réussir pour une foule de raisons dont la nomenclature serait oiseuse. Lorsque, après une étude approfondie de la question et malgré les informations puisées à toutes les sources mises à la disposition du public, des personnes n'ayant pas les qualifications requises pour réussir, émigrent dans un pays étranger et y échouent, elles n'ont en général rien de plus pressé que d'accuser ce pays de leur insuccès.


Canada


Où doit aller l'émigrant de langue française ?

Si après examen des avantages offertes par le Canada, c'est ce pays qu'il choisit, il est bon que l'émigrant sache que partout dans la province de Québec, et aussi dans maintes districts du Nouveau-brunswick on y parle français.

Qui doit émigrer?

En principe, le Gouvernement canadien n'encourage de manière formelle que l'émigration agricole et celles des domestiques femmes.

Qui peut encore émigrer ?

À côté de ces deux catégories d'émigrants, on peut dire que tous les travailleurs manuels, à quelque métier qu'ils appartiennent, surtout ceux qui touchent aux bâtiments, réussissent généralement assez vite à se créer au Canada des situations avantageuses et lucratives. Au Canada, comme partout ailleurs, les ouvriers sont syndiqués et n'admettent les étrangers dans leurs rangs qu'après un certain temps, variant selon les corporations. L'ouvrier qui part doit donc s'armer de courage et patience : son succès est à ce prix.

Qui doit s'abstenir ?

Il n'y a que peu de chances de travail pour les employés de commerce, commis aux écritures, comptables, vendeurs etc., ce genre d'emplois étant généralement remplis par les Canadiens eux-mêmes qui connaissent les deux langues, française et anglaise, ainsi que les méthodes utilisées au Canada pour la transaction des affaires. En général aussi les femmes d'une classe supérieure aux bonnes, telles les gouvernantes, dactylographes, téléphonistes, vendeuses, infirmières, etc…se placent difficilement. D'autre part, les gens n'ayant aucun métier, ne peuvent ou ne veulent s'astreindre à un labeur manuel, ne devraient pas émigrer, à moins qu'ils ne soient engagés à l'avance pour un emploi déterminé, ou à moins qu'ils n'aient assez d'argent pour vivre sans travailler.

Immigrants refusés

Infirmes, idiots, sourds-muets, etc.

L'admission au Canada sera refusée à tout immigrant faible d'esprit, idiot, épileptique, atteint de folie ou ayant eu une attaque d'aliénation mentale dans le cours des cinq dernières années; également à tout sourd-muet, aveugle ou infirme, à moins qu'il n'appartienne à une famille qui l'accompagne ou déjà établie au Canada et qui soit en mesure de garantir qu'elle peut veiller à son entretien d'une façon permanente.

Malades et autres

On ne laissera débarquer aucun émigrant ayant une maladie dangereuse ou repoussante. Aucun vagabond, mendiant ou autre, pouvant devenir une charge publique, ne sera admis. L'accès au pays est aussi refusée aux personnes ayant subi une condamnation et aux prostituées.



Professions libérales

En principe, les hommes exerçant des professions libérales comme les médecins, les avocats, les notaires, les pharmaciens ne doivent pas songer à émigrer.

Émigrants à décourager

À part les divers éléments que le Gouvernement canadien voit avec plaisir s'établir sur son sol, il s'en glisse parfois d'autres qui sont moins désirables. Lorsque, souvent par sa faute, un jeune homme n'a pas réussi dans son propre pays, qu'il n'a pas su y prendre ou conserver le goût du travail, qu'il a, au contraire, contracté des habitudes d'oisiveté ou de dissipation; lorsqu'enfin il en est arrivé à constater qu'il lui est impossible de remonter le cours du torrent qui l'entraîne, ce jour-là il pense à l'émigration. Il y pense...ou sa famille y pense pour lui, espérant tout ce changement d'existence et de milieu, tandis qu'il croit un peu lui-même qu'à l'étranger il lui suffira de se présenter pour que la fortune lui sourie enfin et que tout travail soit inutile ou en tout cas très facile.


RENSEIGNEMENTS DIVERS

Fait-on fortune ?

On ne doit pas aller au Canada avec l'idée d'y faire rapidement fortune, quoique le travail, la persévérance et les excellentes occasions qui s'offrent à vous puissent dans beaucoup de cas vous y conduire.

Travail mieux payé qu'en Europe

Il faut travailler partout, et dans notre pays comme ailleurs : mais au Canada cet effort est toujours récompensé par des salaires plus élevés que dans la vieille Europe et des facilités d'établissement que l'on ne trouve pas généralement ici.


ÉMIGRATION DES FEMMES

Partout au Canada, dans les villes comme à la campagne, les servantes, bonnes à tout faire, femmes de ménage et cuisinières, trouveront des places à toute époque de l'année. Elles peuvent donc émigrer quand bon leur semble; elles n'éprouvent aucune difficulté à trouver de bonnes situations par les soins des agents du Gouvernement qui tiennent des listes de familles honorables demandant des domestiques. Cependant, il vaut mieux qu'elles aient un peu d'argent devant elles en arrivant et elles doivent se rappeler que de bons certificats sont appréciés partout. On demande surtout des bonnes à tout faire. L'ouvrage n'est pas le même au Canada qu'en Europe, on ne s'y spécialise pas autant; et, dans beaucoup de maisons, la bonne doit faire tout le travail d'intérieur qui se présente, y compris quelquefois la lessive et le nettoyage des planchers. Bien souvent on emploie, pour les gros travaux de la maison, une femme de ménage qui vient aider pendant un jour ou deux chaque semaine.


COÛT DE LA VIE

Ce que coûte la vie au Canada

D'une façon générale, les objets de premières nécessités sont meilleur marché au Canada qu'en Europe; les choses de luxe par contre sont plus dispendieuses. Le coût de la vie est plus élevé maintenant qu'autrefois, comme partout du reste.

Prix des denrées alimentaires

Plus on avance vers l'Ouest, plus le prix des denrées alimentaires s'élève, pour atteindre son maximum en Colombie-Britannique. Dans un grand nombre d'endroits, le gibier et le poisson sont en abondance et à bas prix. Nous donnons ci-dessous le prix moyen, par livre (454 grammes), des principales denrées.

Denrée

Lard fumé (la livre) 18 à 25 cents 24 à 30 cents
Boeuf 7 à 20 cents
Pain (de 2 livres) 6 à 10 cents
Beurre frais (la livre) 20 à 35 30 à 40
Fromage 15 à 18 20
Café 30 à 40
Œufs (la douzaine) 13 à 28 35
Farine (les 25 livres) 50 à 75
Lait (le litre) 6 à 10 8 à 10
Mouton (la livre) 12 à 20 15 à 20
Farine d'avoine 3 à 5
Porc 15 à 20
Pomme de terre (le minot) 55 à 90
Riz (la livre) 5 à 6
Saucisses 10 à 12 12 à 20
Cassonade 4 à 6
Thé 25 à 50

Autres

Charbon de terre 4 à 8$ la tonne
Pétrole 20 à 25 cents le gallon (4 litres ½)
Flanelle rouge 20 à 50 cents le yard (90 cm)
Complet pour hommes 6 à 15$
Chemises de coton couleur, hommes 40 à 70 cents
Souliers de travail, hommes 1,25$ à 1,50$
Tabac 30 à 70 cents la livre
Bois à brûler 4 à 8$ la corde



Prix des loyers

Le prix des loyers varie beaucoup, comme partout. Dans les villes les maisons sont bien bâties; le nombre de maisons en pierre prédomine. Dans les campagnes les maisons sont généralement construites en bois. Un logement de 4 à 6 pièces se loue en moyenne de 10 à 15$ par mois dans les villes des Provinces de l'Est.



CONCESSIONS GRATUITES DE TERRAIN

Pourquoi on les donne

La superficie du Canada excède de 400 000 km2 celle des États-Unis, tandis que sa population ne forme qu'un douzième de celle de la grande République. Il y reste donc une immense surface de terrains incultes et inoccupés. Quelle que soit sa fertilité, un sol qui n'est pas exploité et qui, par conséquent ne produit pas, n'est d'aucune utilité pour le pays qui le renferme.

Le Gouvernement canadien se rend parfaitement compte que le Canada sera un des premiers pays au monde le jour où tous ses terrains seront livrés à la culture, car il n'en existe nulle part, en Amérique ou ailleurs, de plus propices que les plaines du Nord-Ouest à la culture du blé et à l'élevage du bétail. Il sait que le progrès d'un pays sont en raison du degré de développement de son agriculture; c'est ce qui l'a déterminé à faire tout en son pouvoir pour aider le colon agricole. Convaincu que le meilleur moyen de lui venir en aide est de le mettre en possession d'une ferme, le Gouvernement offre gratuitement dans le Canada central des concessions de 160 acres, ou 64 hectares et une fraction de terre, la plus fertile qui soit au monde, à tout adulte de 18 ans, ainsi qu'aux veuves chargées de famille, qui viendront y résider avec l'intention de les mettre en valeur.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES


Trois repas de viande

Dans les fermes, la nourriture est toujours abondante, et partout au Canada, l'habitude est de prendre trois repas de viande par jour.





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