Excellente question.
Magasiner son pays, dis-tu ? Mais encore faut-il avoir le choix ! Actuellement, dans le monde, il n'y a pas des dizaines de pays ouverts à l'immigration. A part le Canada et l'Australie, il n'y a pas d'autre alternative (je ne considère pas les USA comme une destination facile d’accès), à moins de vouloir se risquer dans des régions du monde réservées aux apprentis Indiana Jones. Et si l'on considère la francophonie comme un critère essentiel, le choix est vite fait : le Canada reste seul en lice et le Québec, la destination inévitable. Car, et je ne dois pas être le seul dans ce cas, je n’aurais jamais immigré dans une région dont la langue française n’aurait pas été la langue dominante.
Pour ce qui est de se renseigner, j’ai tenté de le faire, d’abord par plus de 6 semaines de séjour en deux fois, et chez l’habitant, s’il vous plaît. Hélas, les Québécois sont si optimistes et si prompts à dire qu’ils vivent dans le plus beau pays du monde qu’ils ne constituent pas une source fiable d’informations, même si on les connaît intimement. D'autre part, à cette époque (1997-1998), les rares sources d’information sur Internet provenaient d’immigrants récemment installés et encore en « état de grâce », ou d’immigrants de plus longue date, mais tout aussi enthousiastes à décrire un Québec enchanteur. Même Yann (oui, oui, le « nôtre » !) exposait alors un site web au contenu si positif que personne d’IC ne l’aurait reconnu.
Personnellement, je n’ai pas grand chose à reprocher à la DGQ en tant que telle. La seule réunion d’information à laquelle j’ai assisté n’a pas été prépondérante dans ma décision d’immigrer. Cette décision avait déjà été prise plusieurs mois auparavant. Par contre, j’ai beaucoup à reprocher aux autorités responsables de l’immigration, et aux gouvernements québécois et canadien. Comme je l’ai déjà exprimé dans une tribune, je ne comprends pas pourquoi tant d’efforts de recrutement sont faits à l’extérieur du pays, alors que rien n’est fait sur place pour faciliter la vie et l’intégration des immigrants. Par là, j’entends l’adaptation des structures et l’information. Avant de vouloir remplir un seau, on s’assure d’abord qu’il n’est pas percé.
Un site comme IC, inexistant à l’époque de mes démarches, est une vraie mine d’information pour les candidats à l’immigration. Et j’ajouterai que ce sont les contributions les plus pessimistes qui sont les plus utiles. Car il n’est pas facile de faire réfléchir un candidat plein d’espoir et d’attente comme je l’étais à l’époque. Les Québécois n’en sont pas conscients, mais la majorité de ceux qui payent si cher pour venir considèrent le Québec comme un paradis, et le mot n’est pas trop fort. Pour les faire revenir sur terre, il faut mettre « Le paquet ». C’est pourquoi je considère les interventions même les plus extrémistes comme utiles. Pétrolette est souvent prise à parti à cause de son manque de diplomatie mais, et j’en témoigne, rien de ce qu’elle dit n’est faux, et il n’y a aucune de ses remarques sur le Québec que je n’aie expérimenté moi-même à un moment où à un autre.
En ce qui concerne l’immigration, il est très difficile de se renseigner, même sur place, de ce que sera notre vie une fois le pas sauté. Et quelquefois, la marche est bien haute.
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